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Accueil Les Droits de l'Enfant Le droit à l'éducation Une éducation minimale pour tous les enfants du monde... Un rêve ?

Une éducation minimale pour tous les enfants du monde... Un rêve ?

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L’éducation est un problème mondial qui touche la Belgique aussi ! Selon l'article 28 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : "Tout enfant a droit à l’éducation et les Etats doivent organiser un enseignement obligatoire et gratuit (au moins au niveau primaire)".

Et pourtant beaucoup d’enfants n’ont, encore aujourd’hui, pas accès à l’école primaire et encore moins aux études supérieures.

 En Afrique notamment, les jeunes des villages peuvent faire une croix sur des études à moins de s’expatrier dans une grande ville ou carrément dans un pays étranger. Encore faut-il pour cela que quelqu’un de leur famille puisse les y aider. Ces métropoles comptent des écoles primaires et secondaires mais elles coûtent très cher, environ 200 $, et se trouvent aussi le plus souvent très éloignées des villages. Les jeunes doivent donc revenir en bus sur des chemins de terre ou «prendre la ligne 11» …c’est-à-dire parcourir à pied plusieurs kilomètres.

 Là-bas, comme l’école n’est pas obligatoire, les habitants sont privés d’éducation et de culture et ne connaissent donc ni leurs droits ni leurs devoirs. Ils restent dès lors sous la coupe de certaines familles de dirigeants qui, elles, ont eu accès à l’éducation car, en Afrique, la politique est plus une affaire « clanique » qu’une affaire d’Etat... Les Européens ne sont pas « blancs comme neige»  dans cette histoire car lorsque ils sont arrivés au Congo pour le coloniser, ils n’ont implanté des écoles que dans les villages sympathisants et où les gens n’étaient pas trop délurés.

 Pour les politiques, l’école n’est, depuis la nuit des temps, que la cinquième roue du carrosse. Donc, ils ont d’autres priorités. Et les enfants ne savent ni lire ni même écrire leur nom. Mais, il existe aussi une différence importante entre les filles et les garçons au niveau de l’éducation comme à bien d’autres niveaux. Les filles ne sont pas encouragées à suivre un enseignement quelconque car elles sont appelées à partir, le plus souvent, vers une autre tribu lors de leur mariage. On les considère donc exclusivement destinées à la maternité. Cette conception va jusqu’à ne plus en parler comme des personnes mais comme des biens.

 Chez les Tziganes, autre peuple auquel on pense lorsque l’on parle des droits de l’enfant, les jeunes vont rarement à l’école. Ils en sont le plus souvent dégoûtés à cause des brimades dont ils sont la cible. Celles-ci sont dues à la réputation de voleurs, d’assassins et de prostituées qu’ils traînent. En plus la motivation est inexistante. Pourquoi aller à l’école alors que nous voyons nos parents vivre une existence tranquille sans y être allés ? Mais même lorsque cette motivation est présente chez les enfants et qu’ils veulent  aller à l’école, d’autres obstacles se dressent encore sur leur route. Par exemple, la barrière de la langue car les Tziganes, issus le plus souvent de l’Europe de l’Est ne parlent pas le français. Il faut aussi souligner que ces gens du voyage ne restent pas souvent au même endroit. Leurs enfants fréquentent donc seulement quelques jours un établissement scolaire et en changent ensuite. De ce fait, ils n’ont pas d’attaches à l’école ni même de suivi pédagogique. Un autre problème se pose chez les Bohémiens. Certains parents refusent de mettre leurs enfants à l’école avec des gadjos (personnes non tziganes) et il est difficile de les faire changer d’opinion.

 Malheureusement en Europe, certains enfants vont à l’école mais ne sont pas éduqués pour autant. Mme Andrée Moxhet, assistante sociale responsable du service d’accueillant(e)s du CPAS de Court-Saint-Etienne en donne un exemple : « Certains parents traitent leurs enfants de «cons» ou traitent leur conjoint des mêmes mots «doux» devant leurs bout’chous. Ceux-ci ne respecteront donc pas leurs parents et n’auront plus d’estime d’eux-mêmes. Ils risquent un jour d’injurier eux aussi d’autres adultes à tout propos. Si on veut donner des règles à nos enfants, il faut avant tout respecter ces règles soi-même. » Certains parents laissent aussi tout faire à leurs enfants et ceux-ci grandissent sans connaître de limites. Ils arrivent alors à l’âge adulte et doivent, à ce moment-là, commencer un très long travail pour apprendre à respecter les lois de la vie en société. Mme Andrée Moxhet signale aussi que, sans coopération des parents, aucune éducation ne peut être mise en place et que cette éducation doit non seulement répondre aux besoins primordiaux de l’enfant mais doit aussi intégrer certaines sanctions lorsque les limites sont dépassées.

 En Belgique, un délégué général aux droits de l’Enfant a été désigné en 1991. Le Parlement européen conseillera un an plus tard d’en nommer un dans chaque pays ayant ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Les droits de l’enfant si élémentaires sont encore très fréquemment bafoués même si de nombreuses personnalités telles que Lady Diana et Lionel Richie qui se sont mobilisées pour les défendre.

 Comme disait Michael Jackson : « Tout enfant a le droit à l’éducation sans devoir esquiver des balles sur le chemin de l’école». Aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants n’ont pas accès à l’apprentissage des bases intellectuelles et des valeurs primordiales.

 


Sources :

Marc PREUMONT, "MEMENTO DU DROIT DE LA JEUNESSE", 2010

AMNESTY INTERNATIONAL, "Des enfants roms n’ont pas droit à l’éducation", publié en août 2008 sur le site http://www.amnesty.fr, consulté en février 2010

UNICEF, "Education de base et égalité des sexes" et "Journée internationale de l'alphabétisation", publiés le jeudi 07 septembre 2006 et modifiés le mercredi 19 août 2009 sur le site http://www.unicef.be, consulté en février 2010

Abbé Joseph KASONGO MBUYU, curé de Vieusart, interview réalisée le 24/01/2010

Mme Andrée MOXHET, assistante sociale responsable du service d’accueillant(e)s au CPAS de Court-St-Etienne, interview réalisée le 25/01/2010 

 


Article réalisé en février 2010 par Géromine Poulain dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net.

 

 

 

Mise à jour le Mardi, 23 Février 2010 14:10